Mon fils ira-t-il à l’école ?

Les Plumes de LAIA n° 5, juin 2007

 

Ça m’en aura pris du temps de me décider ! Mais quelle décision difficile à prendre !
Vis-à-vis du regard des autres d’abord, allez expliquer quelque chose sans recul, sans argument irréfutable, sans preuve de réussite… Ben oui quoi, on vit dans un monde comme cela, où il faut prouver avant que ce qu’on fait marchera, on n’a pas droit à des essais, des tentatives, des expériences.
Décision difficile à prendre vis-à-vis de son enfant aussi. Quand il n’a jamais été à l’école, comment peut-il émettre une demande sinon avec les éléments que je lui fournis ? Comment savoir si un jour il ne me reprochera pas cet engagement ? Comment savoir si c’est ce qu’il lui faut à lui ?
[…]
Il se trouve que j’ai un modèle d’enfant qui, en plus, n’est pas rassurant. Il ne s’intéresse qu’aux voitures, aux engins de travaux publics, voir un stylo le fait partir en courant, etc… Comment apprendre à écrire à un enfant qui ne le souhaite pas ? Comment « prouver » lors des contrôles que ce pauvre être n’est pas à l’abandon intellectuel ?
J’en ai parlé, parlé et parlé encore avec lui. Comment lui demander de choisir ? Il n’a pas essayé l’école ! En discutant, j’ai compris qu’il avait peur, peur de l’école et peur des contrôles au sein de la déscolarisation. Notre déménagement récent a permis qu’on se rapproche d’une école, lambda au demeurant, mais à petit effectif et avec trois mamans que je connais.
Un soir, au repas, j’ai eu l’illumination (vaut mieux tard que jamais) et j’ai pu lui donner les éléments aptes à faire disparaître ses peurs :
– soit il allait à l’école, en connaissant des enfants d’abord chez nous, ainsi il ne serait pas parachuté seul au monde dans ce milieu qu’il ne connaît pas (solution trouvée par lui au fil de la discussion, c’était trop sympa de voir le chemin de pensée dans ses yeux) ;
– soit il est déscolarisé, et dans ce cas, l’inspecteur vient voir ce qu’il connaît et non ce qu’il ne connaît pas !! La différence est énorme quand on y pense. Parce que des « choses », il en sait au final, le bougre, et l’inventaire peut être réalisé concrètement si on le souhaite.
[…]
N’ayant plus de crainte, j’ai vu dans la semaine qui a suivi une ouverture, un déclic se faire. Comme par magie, mon petit bout d’homme s’est mis à colorier, à essayer d’écrire, et à sa demande expresse en plus !! Incroyable !
Le meilleur est que sa petite sœur le suit. C’est donc tout bénef’ pour moi.
Et il s’est mis à être passionné par les Alphas ! Ce sera donc la méthode que l’on suivra.
Tout s’est mis en place comme par magie, une fois que la peur a été identifiée. Elle a pu être évacuée et laisser la place à une énergie bien mieux placée, bien mieux utilisée. J’ai beaucoup avancé durant ce mois de février. Pas que sur le plan de l’éducation ou de la scolarisation mais sur le plan personnel aussi, même si c’est une autre histoire. Parvenir à identifier ses peurs est plus facile que connaître ses besoins en somme, ou peut-être devrais-je dire que reconnaître ses peurs permet ensuite que les besoins soient plus clairs ?
[…]

 

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