Et la socialisation ?

Dossier paru dans Les Plumes n° 34

Si la question de la socialisation n’est jamais un problème pour les familles non scolarisantes et semble complètement hors de propos pour les enfants non scolarisés, cette question est sur toutes les lèvres des personnes n’ayant jamais envisagé la vie sans école. Dans ce dossier, nous vous proposons un tour d’horizon de cette fameuse socialisation. Dans un premier temps, il nous semble important de définir et préciser ce concept. Ensuite, nous approcherons concrètement la socialisation à travers les témoignages des familles non scolarisantes : comment s’y prennent-elles pour que leurs enfants rencontrent des personnes d’âges et d’horizons divers sans passer par la case école ? Nous verrons que les familles non scolarisantes sont non seulement très conscientes de leurs responsabilités mais aussi très actives dans le développement de leur réseau social, s’étonnant souvent de cette accusation d’asocialité dont elles font l’objet. Enfin, un rapide regard sur les recherches et études sur l’instruction à domicile permettra de confirmer, preuves à l’appui, ce que les familles constatent d’elles-mêmes concernant la socialisation des enfants.


Socialisation ou sociabilisation ?

Pour introduire ce dossier, Mélissa nous explique la nuance entre socialisation et sociabilisation, deux mots souvent, et à tort, utilisés l’un pour l’autre.
Définition […], Socialiser ou sociabiliser ? […], École vs instruction en famille […], Se rencontrer : une nécessité […], Le tissu associatif parisien […], La socialisation au quotidien […].

Récit d’un parcours, de la grossesse à l’âge adulte
Sylvia a choisi d’être très active pour créer un réseau d’amis à ses enfants, et ce, avant même qu’ils naissent.
Création d’un club de parents […], Des activités en clubs […], À la rencontre des autres jeunes […].

Notre non-sco : la socialisation
À travers cet extrait d’un témoignage plus long, Claudia explique en quoi son choix de non-scolarisation permet à ses enfants de développer des habitudes sociales saines.
De l’école aux apprentissages autonomes […], Réflexions sur l’évaluation des connaissances […], Evaluer : un acte du quotidien […].

Encore cette question !
Christelle nous fait part de son ras-le-bol face aux sempiternels poncifs sur la socialisation.
Des réactions récurrentes […], La socialisation en chiffres […], Quelques définitions […], Une attitude naturelle […], Une réponse questionnante […], Un argument pauvre et non fondé […].

Plusieurs aspects de la socialisation
Anne nous décrit comment son fils de 7 ans agit et interagit dans diverses situations sociales : avec la famille élargie, lors des rencontres avec d’autres familles non scolarisantes, au cours des activités extrascolaires.
Établir des règles communes […], Lâcher-prise à l’extérieur […], S’intégrer aux groupes […], Les signes d’une socialisation réussie […].

À la découverte du vaste monde
Rencontrer l’autre, c’est facile ! Il suffit de sortir de chez soi et, pour cela, toutes les occasions sont bonnes. C’est ce que nous raconte Françoise.
La régularité pour tisser des liens […], Saisir les occasions de sortir […], S’ouvrir à l’autre […], Les rencontres fortuites […].

À chacun son parcours
Nous sommes tous différents et il ne saurait y avoir une seule façon de s’épanouir socialement. C’est ce qu’Isabelle nous permet de comprendre en détaillant le parcours de chacun de ses enfants, en France et au Canada.
Un parcours franco-québecois […], Un enfant introverti […], Un enfant extraverti […], Un enfant atypique […], École et socialisation : peut mieux faire […].

Une démarche volontaire
Karine organise de nombreuses occasions de rencontres pour ses enfants. Pour elle, ces interactions sont indispensables à leur ouverture au monde. Ses enfants nous parlent de leurs amis.
Rencontres d’autres enfants […], La relation à l’adulte […].
Témoignages d’enfants : Ma vie avec mes copains Ma vie avec mes copines

Faciliter les rencontres
La fille de Jean-Paul a passé son enfance dans un hameau et partage maintenant, à bientôt 14 ans, ses semaines entre ville et campagne. Elle se fait de nombreux amis, tant scolarisés que non scolarisés, lors des activités extrascolaires et des rencontres avec le groupe local de famille non scolarisantes.
Dans un hameau […], Après un déménagement […], À l’adolescence […].

La socialisation favorisée par la non-scolarisation
Enseignante, Sandrine a offert à ses deux fils un parcours alternant scolarisation et non-scolarisation. Elle partage avec nous les expériences sociales de ses enfants non scolarisés et son regard sur la socialisation en milieu scolaire.
De la justification à l’affirmation d’un choix […], Des occasions de socialisation infinies […], Regard critique sur la socialisation scolaire […].

 

Quelques études et recherches sur la socialisation des enfants non scolarisés :

Quelle socialisation ?
« Nous devons tous décider quelle sorte de socialisation nous pensons être la meilleure pour nos enfants. Est-ce une capacité à s’intégrer dans un groupe de jeunes ? Est-ce que c’est d’être à l’aise en étant soi-même ? S’entendre avec les autres, savoir défendre son point de vue, ou les deux à la fois ? Est-ce savoir se mêler au milieu social ou savoir s’éloigner de la pression du conformisme du groupe ? Savoir diriger un groupe ? »
The Well-Adjusted Child : The Social Benefits of Homeschooling, de Rachel Gathercole, Mapletree Publishing Company (2007). Traduction en français tirée de L’instruction en famille – Une liberté qui inquiète, de Michèle Guigue et Rébecca Sirmons, L’Harmattan (2015).

Préserver l’intérêt pour l’autre
Christine Brabant est professeure-chercheuse en science de l’éducation (université de Québec, Canada). Son travail de recherche a été récompensé à deux reprises en Amérique et en Europe. Concernant la socialisation, elle a déclaré : « Ensuite, le fait de fréquenter moins d’enfants et de professeurs au quotidien, sur une semaine, maintient un intérêt plus grand pour les autres. Ils ont cette soif de rencontrer des gens, soif qui peut être trop satisfaite à l’école et parfois même devenir une invasion de l’espace personnel, et à force d’être toujours en groupe, l’enfant peut chercher à s’isoler, à prendre du recul pour avoir un peu d’espace personnel. Avec l’école à la maison, on a la situation inverse : l’espace personnel étant bien respecté, bien nourri, il va rester un intérêt à rencontrer des gens, à découvrir les différences. »
Voir Les Plumes de LAIA n° 25, rubrique Gros plan

Un mythe à revoir
D’abord enseignant, puis directeur d’établissement scolaire, doyen, chargé de programme dans l’enseignement supérieur, et bien d’autres fonctions au sein du système scolaire, le Dr. Raymond Moore s’est ensuite spécialisé dans la recherche en éducation et en particulier l’instruction à domicile. Auteur de plusieurs dizaines d’articles et livres entre 1970 et 2000, ses recherches sur l’enfance l’ont amené à déclarer : « L’idée que les enfants ont besoin d’être entourés de nombreux jeunes afin de se “socialiser” est peut-être le mythe le plus dangereux et le plus insensé dans l’éducation des enfants. »
Better Late Than Early, de Raymond Moore, Reader’s Digest Association, 1989 (première parution en 1975).

Enfants scolarisés et enfants non scolarisés
Dr. Larry Shyers a comparé les aptitudes sociales de deux groupes d’enfants âgés de 8 à 10 ans, l’un composé d’enfants scolarisés, l’autre d’enfants n’ayant jamais été scolarisés. Les résultats de son étude l’ont étonné. En effet, non seulement les deux groupes d’enfants ont obtenu des résultats similaires au test théorique Children’s Assertive Behavior Scale, mais les observations lors de situations pratiques ont clairement mis en exergue que les enfants non scolarisés avaient des aptitudes sociales supérieures aux enfants scolarisés : ils invitaient les autres enfants à jouer avec eux, jouaient et discutaient aussi bien avec les enfants du même sexe que ceux du sexe opposé, se montraient plus gentils et patients, moins agressifs, plus dans la coopération que dans la compétition. Lors des tests pratiques, il a aussi été observé que les enfants non scolarisés faisaient leurs propres choix et n’imitaient pas forcément les attitudes et comportements des autres. Larry Shyers en conclut, confirmant ainsi plusieurs autres études sur le développement infantile, que la présence adulte auprès de l’enfant influe directement sur ses aptitudes sociales : « Les résultats semblent montrer que le développement social d’un enfant dépend plus du contact avec l’adulte et moins du contact avec les autres enfants comme on le pensait auparavant. »
Comparison of Social Adjustment Between Home and Traditionally Schooled Students, de Dr. Larry Shyers (University of Florida’s College of Education, États-Unis), 1992.

Et la socialisation, alors ?
Susan McDowell, chercheuse en éducation, a analysé 24 études relatives à la socialisation des enfants non scolarisés. Elle conclut au sujet de la socialisation : « C’est un faux problème aujourd’hui. Toutes les recherches montrent que les enfants se débrouillent bien. »
But What About Socialization ? Answering the Perpetual Home Schooling Question : A Review of the Literature, de Susan McDowell, 2004.

Taggé , .Mettre en favori le Permaliens.

Les commentaires sont fermés.